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17/05/2011

La roche Tarpéienne est proche du Capitole.

tarpeienne.jpgSans spéculer sur la culpabilité ou l’innocence de DSK *  ce qui, à cette heure me parait ahurissant, c’est la journée qu’il vient de passer. Imaginez cet homme à qui tout semblait sourire hier encore et qui aujourd’hui ressort menotté,  humilié, d’un commissariat de police de Harlem. Je l’ai imaginé assis sur une simple chaise de bois, lui qui venait de passer la nuit dans une suite à 3000 dollars au SOFITEL. Accablé, il a dû longuement méditer  cette maxime des  romains de l’antiquité qui disaient que la roche Tarpéienne était proche du Capitole. La roche Tarpéienne était le lieu des exécutions capitales et le Capitole l’endroit du pouvoir.

Le pouvoir est incontestablement une drogue. Il a des vertus euphorisantes qui sans doute amènent ceux qui le possèdent à sortir de la réalité. Croire que tout est possible, que tout est permis, devient réellement pathologique. Les exemples en la matière sont multiples et ceux qui pensaient que ces comportements étaient l’apanage d’une droite bling bling, italienne ou française en sont pour leurs frais.

Qu’une personnalité politique de premier plan, soit séductrice me parait une évidence. C’est la forme même de la relation aux électeurs qui le veut. La séduction consiste cependant à se montrer sous son meilleur aspect pour convaincre. La contrainte, elle, confine à l’abus de pouvoir et là il ne s’agit plus de séduction mais bien de domination. S’il s’avérait que DSK, dont les talents de séducteurs sont bien appréciés, (les sondages sont là pour le prouver), avait  franchi le Rubicon  qui chemine entre séduction et domination, alors la curée ne ferait que commencer et rien ne lui serait pardonné.

Pour l’heure et avant que la machine judiciaire des procureurs, des avocats, pour qui au-delà de la vérité, c’est la victoire qui compte, ne se mette en route, je ne peux m'empêcher de penser, sans sympathie particulière (mais avec une sainte horreur) à la curée qu’il va devoir subir, à l'homme qui, coupable ou innocent, vient de voir s’écrouler un pan entier de ce qui faisait sa vie. 

Mon propos n'est ni injuste ni inéquitable, ma compassion première va à cette femme qui bénéficie elle aussi de la présomption de sincérité.

 

* http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/01/21/1290-pour-en-finir-avec-la-presomption-d-innocence