09/01/2012
L’essentiel c'est de faire du buzz.
Que ce soit au niveau national ou au niveau local, il semble que l’important actuellement soit bien de créer l’événement que les uns et les autres vont commenter et qui, ainsi, va alimenter la toile. Les internautes appellent cela créer du « buzz »
Le buzz (anglicisme de « bourdonnement » d'insecte) est une technique marketing consistant, comme le terme l'indique, à faire du bruit autour d'un événement,
Prenez le journal Ouest France, il annonce la parution prochaine d’une affiche... et fait parler l’ancien Président des Vitrines de Quimper. On y verrait une bulle avec la légende « Quimper sous Verts ». Le lendemain le candidat UMP pour les législatives y va de ses états d’âme et se lance dans un roman de politique fiction dirigé contre la majorité municipale. Le journal ne prend aucun recul et fait intégralement paraître les textes.
Ce qui m’attriste ce n’est pas que l’UMP y aille à l’artillerie lourde sur les membres de la majorité municipale, à la limite on pourrait dire que c’est de bonne guerre… (comme s’il existait de bonne guerre !). Non, ce qui est affligeant c’est que les propos soient repris.
Dans le même registre, le journal appelle à voter pour le quimpérois de l’année. Dans la liste des quatorze noms proposés aucun homme politique, et c’est bien ainsi… sauf qu’y figure le Président des commerçants des halles dont la seule action notoire fût de s’opposer systématiquement aux projets municipaux d’aménagements du centre ville (place st Corentin, parvis des halles, terre au duc, Providence...). Si cela, n’est pas faire de la politique, faudra que l'on m'explique Foin des créateurs de mode, sans doute mieux connus à Tokyo qu’à Quimper, des animateurs de Hip hop, le charcutier des halles est plébiscité. Il enregistre même un demi-millier de suffrages entre 3h et 6h du matin. Heure, et tout le monde le sait, préférée des commerçants pour exprimer leur choix. Une fois de plus, aucun recul. L’essentiel étant toujours de faire du « buzz ».
Mon propos n’est pas de faire un procès au journal mais tout simplement de pointer ce qui, à coup de petites phrases, de bons mots, me semble être une dérive. Dérive qui à terme pourrait discréditer, au point de la faire disparaitre, la presse écrite.
Je suis un lecteur assidu des deux quotidiens locaux sans doute parce que issu d’une génération qui utilise internet mais qui conserve le besoin de contact avec le papier. Mais si la seule parade, dans ces temps difficiles pour la presse écrite est de copier, ce qui se fait sur le Net, je crains que les carottes ne soient déjà cuites.
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