07/05/2013
Pour Hollande, c'est le moment d'oser!
François Hollande en a pris pour son grade lors de ce premier anniversaire de mandat. Venant de la droite, c’est de bonne guerre. Encore que les attaques genre François Copéfrisent le carton rouge tellement elles sont personnalisées et au raz du pavé. Je ne parlerai pas, (ou alors très peu) des propositions du centriste bien à droiteJean Louis Borloo qui en appelle à un gouvernement d’union nationale autour d’un programme de relance par la réduction des impôts, et par une baisse accélérée du coût du travail. Le programme UMP en fait. Les Barjots et autres frigides achevant le tableau de la contestation réactionnaire et conservatrice. Voilà c’est dit.
Mais les banderilles les plus douloureuses pour Hollandeviennent sans doute de la gauche. Mélenchon bien qu’élevé au biberon de la sociale démocratie n’y va pas de main morte… du balai était son slogan dimanche dernier. J’imagine que même préparé, un Président accuse le coup dans ces moments difficiles. Quelle sera sa parade ? Les couloirs bruissent des rumeurs d’un remaniement ministériel. Va-t-il simplement recadrer ceux qui par des états d’âme non contenus, semblent nuire à la cohérence gouvernementale ou va-t-il réorganiser son équipe pour une inflexion politique en profondeur. Dans ce cas va-t-il comme François Mitterrand en 1984 prendre le virage de la rigueur. Le problème est qu’il est déjà dans la rigueur ou au contraire va-t-il chercher du côté de sa gauche un soutien plus actif. Dans les deux cas il est condamné à se fâcher avec la moitié du pays.
Il lui reste alors une troisième voie, jamais encore explorée celle d’une révolution écologique. Elle tourne le dos au vieil adage libéral « hors croissance de la consommation, point de création d’emplois » et propose au contraire une consommation raisonnée adaptée aux véritables besoins de la société. Un recentragedes investissements pour une production non délocalisable. Cette révolution écologique contient de fait une maîtrise de notre pouvoir d’achat au profit d’une redistribution par le service public. Elle comprend en substanceune répartition généralisée des heures de travail nécessaires. Le slogan, naguère bannière de la CFDT, « ne pas perdre sa vie à la gagner » prend ici tout son sens. Elle impose de fait des barrières douanières pour corriger les écarts de coûts du travail liés aux absences de politiques socialesentre les différentes régions de la planète.
François Hollande marquerait ainsi son mandat en engageant le pays dans une voie nouvelle, celle d’un développement durable et solidaire. Le défi serait courageux, sans doute impopulaire dans un premier temps. C’est pourtant le seul capable de nous extraire des ornières de l’économie libérale ou l’unique question reste : « à quelle distance sommes-nous du mur ».
On attend des hommes politiques à ce niveau qu’ils soient des visionnaires, pas des mécanos aux solutions toutes faites. Qu’ils soient capables d’imaginer un projet et de nous en expliquer le sens. François Hollande a tout à gagner, il lui suffit d’oser.
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