01/06/2016
La culture coûte cher...essayez l'ignorance.. (Abraham Lincoln)
Le Maire de Quimper ne s’en est jamais caché… la culture ce n’est pas son truc, ça coûte cher et ça ne rapporte rien à la ville.... Pas étonnant donc qu’il s’en prenne au « Centre d’art contemporain ». La baisse des dotations d’Etat aux collectivités lui donne l’occasion de trancher dans les dépenses de fonctionnement de la ville. Les 350 000 Euros consacrés en 2014 au « Quartier » se sont trouvées réduites à 252 000 euros cette année et la proposition du Maire serait de donner pour 2017 un nouveau coup de canif.
L’Etat participe actuellement au fonctionnement du Quartier à hauteur de 120 000 euros, le département 67 000 et la Région 45 000. Pour le Président de l’association du Quartier si l’ensemble des subventions n’atteint pas les 500 000 euros, la structure sera en danger. On le voit, l’ambiance n’est pas à l’optimisme du coté du Quartier et les huit agents qui y travaillent se sentent en sursis.
Une question de rayonnement.
Au-delà de cet aspect financier quel est l’enjeu du bras de fer que mène le Maire de Quimper avec l’Etat. La fermeture du centre d’art contemporain sonnerait « encore » un peu plus la perte d‘influence de la capitale de Cornouaille par rapport à la Métropole Brestoise. Les deux dernières structures qui accueillent et présentent les créateurs dans leurs œuvres contemporaines seraient sur Brest et Landerneau. Et pour le coup le Maire ne pourrait pas dire que la métropole « siphonne » (propos déjà utilisé par le Maire de Quimper) la Cornouaille car c’est bien lui qui aura décidé de la fermeture du Quartier.
Soyons réalistes, une telle éventualité ne provoquera pas un vaste mouvement de soutien de la part des Quimpérois. Il n’empêche que l’évènement sera relaté au niveau national et l’écho aura certainement des conséquences sur la notoriété de la ville. De mon point de vue, le Maire se trompe en faisant à ce point la part des choses entre l’économie qu’il juge productive, à savoir essentiellement l’agro alimentaire et la proposition culturelle. Il me semble qu’il se trompe également quand il dit de manière simpliste que la culture est à gauche et l’économie à droite. Les cadres et responsables d’entreprises s’appuient largement sur le fait culturel pour choisir tel ou tel territoire afin de s’y installer. Il se trompe encore s’il pense que la vie n’est qu’une addition de charges et de produits à destination d’un bilan comptable. Vivre c’est aussi s’ouvrir aux émotions. Leurs origines peuvent être multiples. Elles viennent de la musique, du cinéma de la lecture de la peinture et il appartient à chacun de trouver ce qui le fait vibrer. Encore faut il que la proposition existe.
S'ouvrir et intéresser.
Ce plaidoyer en faveur du Quartier ne signifie pas que rien ne doit bouger. Il appartient aux responsables de la collectivité de faire des choix et de vérifier que l’argent public soit bien au service de la population. Et si l’art contemporain revendique l’excellence, il appartient aussi à ceux qui ont en charge sa diffusion de faire en sorte qu’il soit apprécié par le plus grand nombre. Je ne connais pas de recette et je ne pense pas qu’il faille systématiquement copier ce qui se fait ailleurs. Mais force est de constater que l'espace « Les Capucins » à Landerneau a su capter un public sans pour autant sacrifier à la qualité. Ce qui veut bien dire que l’art contemporain peut s’ouvrir et intéresser.
PS :Et petit clin d’œil au Maire de Quimper, qu’il aille demander aux restaurants et boutiques de Landerneau ce qu’ils pensent du rayonnement des expos « d’art contemporain » qui se passent dans leur ville.
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