21/08/2011
La démocratie dans la salle.
La plénière s’annonçait sans histoires. Encore que, la présence de Dany aurait du nous avertir que tout était possible. Les intervenants ont parlé de leur pays. Les espoirs en Tunisie apres les évènements du 14 janvier. Espoirs mêlés de craintes devant le peu d’inscription sur les listes électorale ( 50 % de la population) Un bilan très intéressant de ce qui se passe en Algérie et surtout de ce qui s’est passé apres les élections de 91 puis la reprise en main par l'armée et l'arrivée au pouvoir de Boutefica . La certitude par le représentant Libyen que les heures étaient comptées pour la famille Kadhafi mais la aussi la question et après ? Une analyse très intéressantepar un opposant sur la situationau Sénégal et pourquoi Abdoulaye Ouad devrait perdre les élections de 2012.
Vient ensuite le tour de Driss El Yazami de s’exprimer. Un discours très lisse mettant en valeur l’implication du roidu Maroc Mohammed VI, présenté comme le garant de l’unité du pays et de la protection des libertés individuelles. Trop lisse sans doute pour être parfaitement honnête. Du coup c’est de la salle qu’est venue la contestation. Dans un tumulte, Zineb El Rhazoui
(co fondatrice du mouvement alternatif pour les libertés individuelles) cherche à prendre la parole. Hélène Flautre se cabre et fait preuve d’une certaine maladresse. Comme quoi chez nous également la contestation a du mal à trouver son expression. Tant bien que mal Zineb réussit à passer son message très différent de celui de Driss. Elle parle, de prisons ou l’on torture encore aujourd’hui. Elle cite les agressions dont elle est victime en tant que femme libre et affirmant sa volonté de liberté. Elle évoque la mise sous l’éteignoir de la presse quand elle n’est pas aux ordres. Autant le dire tout de suite, la salle lui est acquise et c’est sous les vivats que se termine son intervention.
J’imagine que la réalité marocaine est plus nuancée que ne le laisse entendre l’une ou l’autre de ces interventions. On peut comprendre que pour agir « efficacement »dans un cadre légal après des années de militantisme clandestin, Idriss a dû faire preuve de « compréhension » vis-à-vis du pouvoir. L’attitude radicale et révoltée de Zineb s’explique aussi, facilement par les brimades qu’elle vit au jour le jour.
Au-delà de ces nuances ou divergences selon.le cas, le message qui nous a été donné par tous ces pays d’Afrique en quête d’émancipation est bien « respectez nous, vous avez votre histoire et votre révolution, nous avons-nous même notre histoire et nous avons besoin de temps, d’aide et de respect. »
17:09 | Lien permanent | Commentaires (10)
