29/04/2013
Pour une vraie démocratie parlementaire.
Une fois n’est pas coutume, mais après lecture des commentaires à propos du texte «Une fonction devenue impossible» et très intéressé par le débat qu’il a suscité, je souhaite y revenir pour ainsi préciser ma pensée.
C’est vrai qu’une élection à la proportionnelle ferait rentrer au parlement des minorités politiques qui aujourd’hui n’y sont pas représentées. Je ne parle pas des élus écologistes puisqu’ils y sont déjà, mais uniquement dans le cadre d’accords avec le Parti socialiste. Accords qui nous sont régulièrement reprochés au titre que nous aurions vendu notre âme pour quelques maroquins*. Je vise donc essentiellementles partis d’extrême droite comme d’extrême gauche qui étant jusqu’ici jugés infréquentables se trouvent écartés de la représentation nationale.
Je n’éprouve pas de sympathie particulière pour les courants issus de l’extrême gauche et j’éprouve une aversion profonde pour les thèses véhiculées par l’extrême droite. Ceci dit ces différents courants existent dans la population et au nom de quoi, si dans les actions comme dans les propos, ilsrespectent la loi, irions-nous leur interdire le droit d’être représentés.Il y a aujourd’huiun véritable déni de démocratie en les maintenant hors du Parlement qui théoriquementest l’émanation de la diversité populaire.
Faire de la politique, c’est pratiquer un engagement. Cet engagement prend bien souvent la forme d’un combat. Et ce combat mérite une action pédagogique permanente. Oui il faut lutter contre les théories qui asservissent l’homme, qui pratiquent une discrimination en fonction des couleurs de la peau, des engagements religieuxou des orientations sexuelles. Oui il faut résister à ceux qui prônent la violence et l’affrontement physique comme seules issues aux problèmes que rencontre notre société. Ce combat il faut le mener à tous les niveaux, dans la rue bien entendu mais aussi dans les hémicycles. Et pour ce faire il faut que les représentants de ces théories sectaires soient mis en face de leurs responsabilités devant le peuple. Il faut donc qu’ils assument leurs propos et qu’ils soient punis si ceux-ci sont hors de la loi. Il y a de fortes chances d’ailleurs qu’ils n’en veuillent pas de cette responsabilité, alors le peuple sera pris à témoin et leur audience dans la rue en sera réduite.
Le pari n’est pas gagné et l’histoire nous a montré que c’est en utilisant la démocratie que les nazis se sont introduit au Reichstag. Hitler ayant profité de la faiblesse du Président Hindenburg pour se faire nommer Premier Ministre, il s'arroge ensuite, par un véritable coup d'Etat tous les pouvoirs. A nous de savoir tirer les leçons de l’Histoire afin d’éviter que la démocratie ne serve une nouvelle fois de cheval de Troie à toutes les formes d’extrémismes. Mais ne tremblons pas quand il s’agit du droit d’expression.
* poste ministériel.
15:16 | Lien permanent | Commentaires (7)
