18/01/2015
L'impertinence n'est pas un crime.
Tout est pardonné... c'est tellement étrange venant de « charlie » que je cherche le 2 em degré !!! car enfin, les dessinateurs de "charlie" ne sont pas des enfants de coeur or le pardon est une notion religieuse, certainement pas républicaine. Pour les catholiques, dieu a le pouvoir de pardonner pour peu qu'on lui confesse la faute et que l'on sollicite son pardon mais devant les hommes c'est la justice qui doit parler. Elle parle lors d'un jugement et soit elle juge « coupable » et punit soit elle juge « non coupable" et l'éventuelle faute est lavée. Mais en aucun cas elle ne pardonne.
J'avoue cette petite saillie bien insignifiante par rapport au buzz que crée la première page de « charlie une semaine après » à l'échelle du monde. Des milliers de musulmans Jordaniens, Nigériens ... manifestaient aujourd'hui contre « charlie » pour ces nouveaux dessins de Mahomet. Allant même jusqu'à justifier l'attentat dont les journalistes ont été les victimes. Bien sûr que l'on pourra se rassurer, ils n'étaient que des milliers sur des millions de musulmans mais ce mouvement de balancier après l'élan du week-end dernier, ne peut ni ne doit nous laisser indifférents. il est porteur d'une intolérance effroyable.
Chacun a le droit de croire en qui il veut, chacun a aussi le droit de ne croire en personne. Chacun a le droit d'acheter et de lire un journal, chacun a aussi le droit de ne pas lire un journal. Le journaliste écrit en conscience (du moins je l'espère) et la limite à son 'expression publique se situe quand l'article qu'il écrit attaque injustement, voire indélicatement la personne. Mahomet n'est pas une personne, c'est un symbole, le pape également par sa fonction est un symbole comme l'est le Président de la République quand il est dans son rôle de Président. Il redevient une personne quand il prend son scooter. Chaque culture a son histoire, le dessin, la caricature font partie notre culture. Il simple fait de dessiner Mahomet ne peut donc être considéré comme insultant. La frontière avec le mauvais gout est une autre question qu''il appartient au lecteur de trancher par son acte d'achat.
Les musulmans ont d'ailleurs au cours du temps largement utilisé l'iconographie et aujourd'hui les mots employés par les propagateurs et fidèles de l'Islam dans la rue et dans les mosquées le dessinent et souvent le caricaturent bien plus précisément que ces innocents coups de crayons.
Était il opportun pour « charlie » de proposer cette « une » ? Je n'en sais rien. Je m'interroge sur cette référence au pardon mais ce n'est qu'une question de point de vue. Était-ce le bon moment ? La réponse appartient à « charlie ». Il y a certainement de la part de l'équipe une démarche cathartique et sans doute aussi, une forme de défi. Une sorte de réponse à l'interpellation de leur collègue Plantu dans son « allez les gars, ne vous laissez pas abattre .. ».
C'est courageux, pour certains inconscient au regard des réactions que cette « une » provoque dans le monde mais c'est « charlie » et c'était à "charlie" de décider . Ils ne sont en rien responsables des abrutis qui tuent parce que des dessinateurs ont représenté Mahomet pleurant leur connerie. Le peuple Français approuve et se précipite dans les kiosques. Dans le « je suis charlie » qui depuis une semaine parcourt la planète, il y a le soutien à cette impertinence. il me semble que c'est Charb qui répondait à qui lui reprochait de jeter de l'huile sur le feu « vous feriez mieux de vous occuper du feu... ». Personne n'a été obligé d'arborer ces trois mots "je suis charlie" ceux qui l'on fait ont posé un acte délibéré qui n'a rien d'un effet de mode.
Je n'oublierai jamais qu'ils étaient gentils, avec leurs crayons et qu'ils sont morts simplement à cause de cette impertinence.
alors, « je suis et reste charlie »
21:54 | Lien permanent | Commentaires (7)
