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02/05/2017

non, le choix n'est pas entre la peste et le choléra..

1 MAI.jpg       C’était une bien belle occasion, que ce premier mai pour montrer un vrai front barrage contre l’extrême droite… mais les logiques d’appareils, les égos surdimensionnés l’ont une fois de plus, emportés. A Quimper comme dans beaucoup de villes, la division a  fait son travail de sape. Un cortège s’est  constitué "cahin caha" à Penhars sous  la bannière de la CFDT, un autre coloré par les drapeaux rouges de la CGT,  arc en ciel du syndicat FSU  s’est rassemblé place de la résistance  et les anars de la CNT en rouge et noir, Stendhal oblige,  ont pris un départ devant la médiathèque. Vers 11h la CNT a rejoint la CGT pour un défilé dans la ville. Etonnant défilé  ou chacun a pris sa place  en fonction de son point de vue. En queue de cortège le slogan était clair comme en écho à JL Mélenchon « ni Le Pen ni Macron… ». En tête de cortège les mots d’ordre de  la CGT apparaissaient plus disciplinés «  tous contre Le Pen… » et au milieu de la manif les échanges étaient plutôt sereins, controversés, comme il se doit et majoritairement  résignés à voter Macron pour faire barrage à Le Pen. Au-delà de la fête du travail c'était bien   la journée de dimanche prochain  qui était au cœur des préoccupations.

        Le vote blanc fait le jeu de M Le Pen.

       je ne comprends pas tous ces militants avec qui j’ai manifesté depuis des années systématiquement contre le FN. Je ne comprends pas leur intention de voter blanc. Je ne leur fais bien évidemment pas un procès de tolérance par rapport à l’extrême droite, ce serait parfaitement injuste et insultant. Mais je les appelle à bien peser  leur intention de voter blanc. JL Mélenchon a fait une belle campagne de premier tour. Il se vautre maintenant lamentablement dans cet entre-deux tours.  Refuser de choisir c’est faire le choix de Ponce Pilate  « Ego manibus lavabit »  «  débrouillez-vous…je m’en lave les mains.» 

           En fait de paradoxe, pour une bonne partie des promoteurs du vote blanc, les dés sont déjà  jetés et Macron va l’emporter. En fait ils comptent,  les supporters de Macron issus de droite comme de gauche qui voient dans ce candidat,  le sauveur de l’Europe, de la croissance , de l’emploi… mais ils comptent aussi, sans trop le dire,  sur ces cohortes de gens qui comme moi ne croient pas aux solutions de Macron mais qui considèrent que si Le Pen c’est la peste, Macron n’est pas le choléra. Ces cohortes vont voter Macron,  conscientes  que le combat des 5 années sera permanent mais  au moins ce combat sera possible. Avec Le Pen, c’est le fascisme qui va régner et le fascisme a toujours été ennemi de la liberté d’expression. Le premier mai ne serait plus le jour des travailleurs mais une commémoration nationaliste de Jeanne d’Arc.

         Voter E Macron pour continuer à lutter.

Alors camarades de la gauche radicale, ne vous laissez pas à penser que notre vote soit  une adhésion au projet de Macron.  Il sera, croyez-le, le choix du combat, le choix  de la liberté. La liberté  de nous opposer et de manifester s'il le faut et il le faudra. François Ruffin (merci patron) s’est très bien exprimé sur ce sujet lors du dernier « envoyé spécial ». Il votera Macron pour pouvoir encore descendre dans la rue,  manifester contre le pouvoir de la finance, contre toutes les atteintes aux libertés…

           En 2002 quand JM Le Pen s’est retrouvé qualifié pour le second tour, des milliers de voix se sont élevées, des millions de personnes sont descendues dans la rue. En 2017 sa fille se retrouve dans la même position. L’impuissance des politiques à modifier le réel, l’addition des  promesses non tenues,  la cupidité de certains élus de droite comme de gauche en sont  les  causes.  Personne ou presque ne bouge.  Comme si le peuple français avait fini par s’y faire, avait fini par  s'habituer à l'idée que le Front National fait maintenant partie du paysage. Sur les antennes le glissement a eu lieu on ne parle plus ou peu, de l’extrême droite mais d’une droite radicale quand ce n'est pas de droite tout court. Quel que soit le résultat des urnes  dimanche prochain, le grand vainqueur de cette élection sera incontestablement  le Front National tant il a réussi à occuper le débat et à focaliser l’attention. Il restera à l’autre vainqueur, que je souhaite être Emanuel Macron , une lourde tâche pour ces 5 prochaines  années à l’Elysée : « redonner confiance aux gens dans la politique » et pour y arriver il faudra vraiment changer les comportements des élus.