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22/05/2012

Ne souriez pas, vous êtes filmé.

                camera.jpgLa  question  est directement posée par le Ouest France de ce mardi, «êtes vous pour ou contre la vidéosurveillance sur l’espace public ». Pour ma part j’y ai répondu : je suis contre.

videosurv_OF.pdf

             Chacun a le droit de pouvoir se déplacer dans la ville comme il le souhaite, chacun a  le droit de mener ses activités sans crainte d’être agressé. L’assurance de vivre en tranquillité est donc un droit fondamental et il appartient à la puissance publique d’en être le garant. A elle de trouver les moyens appropriés afin de l’assurer. C’est bien dans cet esprit et suite à deux cambriolages en centre ville qu’intervient le débat sur la vidéosurveillance.

               Il est possible que la vidéosurveillance à l’intérieur des commerces ait une certaine efficacité. Et encore, à mon avis, s’agit-il d’une sécurité très relative. Le "casse" du magasin L’aiglon en est un témoignage car si les caméras ont bienfonctionné, elles n’ont pas évité le vol. Elles ne permettent même pas d’identifier les voleurs. La vidéosurveillance sur l’espace public, pose elle  d'autres questions. 

             L’espace public par définition est ouvert à toutes et tous. Il est régi par des règles de civisme et de bon usage mais dans le respect de ces règles, chacun a le droit d’y vaquer sans avoir à rendre de comptes.

            Nous sommes déjà « pistés » par notre carte bancaire, par nos téléphones.  La vidéosurveillance est une couche supplémentaire, une manière insidieuse de pénétrer l’intimité de chacun et d’en garder les images. Sans tomber dans la paranoïa, de me savoir  suivi, de savoir que mes déplacements ou ma simple présence se trouvent ainsi stockés dans une  mémoire, m’est très désagréable. Le pire est que l’on finirait par s’y habituer, on en arriverait même sans doute à oublier cet œil constamment braqué sur nous tant cette surveillance est discrète. Et pourtant les images seraient bien là, à la disposition de « on ne sait trop qui » et sans doute pour « on ne sait quel usage ».

            Qui aura l’autorisation de visionner ces documents ? La police, les agents municipaux ? bien entendu le législateur votera des lois très compliquées qui devraient garantir nos libertés. Mais la tentation sera grande d’utiliser les bandes vidéo pour mieux « connaître » les faits et gestes de chacun d’entre nous. A partir de là, toutes les dérives sont possibles.  L’histoire ancienne ou récente,  nous démontre que l’obsession première de tout système totalitaire est la surveillance.

France Bleu Breizh Izel

Daniel Le Bigot interrogé par Philippe REY-GOREZ sur France Bleu Breizh Izel


podcast

mercredi 16 mai 2012

11:02 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0)