Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/01/2013

Mali, il fallait y aller

mali.jpgOn pourra toujours regretter, comme le fait Noël Mamère, que le Président de la République n’ait pas averti le Parlement de l’intervention arméeau Mali. Je ne sais pas s’il y avait un risque plus important à mener cette opération en l’ayant annoncée. Sans doute que si, car l’effet de surprise joue toujours un rôle déterminant quant à l’efficacité de telles actions. Toujours est-il que le Président a pris ses responsabilités et sans doute l’a-t-il fait au bon moment. Il est vraisemblable que sous les coups de boutoir des islamistes, la capitale Bamako serait tombée entre leurs mains d’ici quelques jours.

Le risque était alors énorme pour toute l’Afrique de l’Ouest  de voir se constituer une tête de pont qui aurait servi de base pour des attaques vers le Sénégal, vers la Guinée. La situation est de ce point vue très différente de celle que nous avons connue en Côte d’Ivoire. Il s’agissait d’un affrontement politique entre deux conceptions à mener le pays. L’affrontement a été sanglantet on ne peut que déplorer qu’il n’y ait pas eu de solution politique mais la question était interne. Au Mali nous sommes face à une invasion menée par des groupes islamistes fortement armés voulant imposer un régime qui ramènerait ces peuples au moyen âge. Nous allons certainement entendre que la France se croit encore au temps des croisades et qu’elle n’a aucune légitimité à juger de cequi est bon ou pas pour les Africains. C’est toute la question de la limite de l’acceptable et de la nécessaire assistance à personnes en danger. Ce n’est pas le fait que l’Islam se développe en Afrique noire qui pose en soi un problème. Mais bien cette forme de fanatisme barbare qui nie la femme comme personne, qui nie toute forme de culture et s’attache à détruire toutes traces de l’histoire qui ne serait conforme à leur doctrine.

La difficulté, maintenant que les islamistes sont en passe d’être repoussés vers le nord,  sera de maintenir sur ces territoiresun Etat de droittant le pouvoir de Bamako semble faible et corrompu. Le Mali pourrait bien devenir un deuxième Afghanistan. La situation deviendrait alors très dangereuse pour les troupes qui y séjourneraient mais surtout pour les habitants de ces régions qui n’auraient d’autre alternative que de venir se réfugier auprès des villes.

La France a pris une lourde responsabilité en se lançant seule dans cette expédition. Mais il n’y avait sans doute pas d’autre solution. La diplomatie doit maintenant reprendre sa place pour mettre au point une solution politique qui redonnera confiance aux Touaregs, les détournant  définitivement des islamistes qui ont si bien  su profiter de la faiblesse et de la corruption du régime en place  

08/01/2013

Quelle prise en charge du veillissement?

retraite.jpgLe cas de cette dame âgée de 94 ans, qu’un Directeur de maison de retraite a souhaité ramener chez son fils est révélateur d’une situation nouvelle quant à la prise en charge de nos aînés.

Petit retour sur les faits tout d’abord. Si cet acte est à l’évidence une « boulette », il ne faudrait pas lui accorder en soi plus d’importance qu’il ne mérite. La dame n’a pas été « jetée » à la rue comme nous avons pu le lire ici ou là. Elle a été transportée chez  son fils, puis en l’absence de celui-ci, à l’hôpital voisin. Le fils en question était semble-t-il  parfaitement au courant de la situation puisque que la maison de retraite lui avait fait état de 40 000 euros d’impayés. Devant le refus ou le retard du paiement, le Directeur a donc pris la décision de ne plus accepter cette personne dans son établissement.

Mon propos n’est pas de dire qui a tort ou raison dans cette affaire. Il me paraissait seulement inéquitable que l’information se limite à charger le Directeur en présentant la famille commevictime de tracasseries bassement financières.  Au-delà de la boulette, le Directeur a l’obligation d’équilibrer ses comptes. Ce qui veut dire en fait que les impayés d’une personne sont à l’heure du bilan pris en charge par l’ensemble des autres résidents. Avouez  que cette situation peut susciter quelques coups de colère, voire, elle aussi,  une certaine indignation de la part des familles sollicitées pour une prise charge qui ne leur incombe pas. Le choix de la famille de placer cette dame dans une maison de retraite privée lucrative n’est pas non plus anodin. La famille  était au courant des tarifs pratiqués et s’était engagée à les honorer. Donc acte.

La question qui reste posée est bien celle de la prise en charge du vieillissement.  35 %  des frais sont d’ordre médical. Il est normal que l’assurance maladie les prenne en charge comme elle le fait pour l’ensemble de la population. Le reste des frais est lié à l’hébergement. La retraite du résident couvre une partie de ce budget mais dans de nombreux cas il reste entre 300 et 500 euros à sortir. Et c’est bien cette somme qui pose problème. Si le résident ne possède pas de biens, c’est la solidarité qui intervient par l’intermédiaire des conseils généraux. Mais si le résident possède des valeurs, est-il toujours normal que la collectivité intervienne alors qu’au décès de la personne, les ayants droits réaliseront un héritage.

La question est d’importance car les sommes en jeu sont très conséquentes, sans doute une dizaine de milliards d’euros. Notre société a beaucoup évolué depuis une quarantaine d’années. Du temps ou les aînés restaient vivre dans leur maison, les coûts du vieillissement étaient relativement modestes. La fin de vie en institution est une manière pour la famille de transférer une charge, ce qui par ailleurs me semble tout à fait acceptable. Il me semble de la même manière tout à fait acceptable que les familles qui en ont les moyens soient sollicitées avant l’appel à la solidarité nationale.