10/12/2014
Le repos du dimanche remis en cause !
Emmanuel Macron s'apprète à tourner le dos à ce qui a toujours fait une des valeurs de la gauche, à savoir le respect du repos des salariés le dimanche. Formé dans les écoles de commerce puis dans le milieu bancaire cette notion de repos hebdomadaire doit totalement échapper à ce Ministre en col blanc.
La mesure, qui fait débat entre une gauche fidèle à ses valeurs et une gauche convertie au libéralisme , serait prise, soit disant, pour dynamiser l'économie. Mais de quelle économie parle t-on ? Bien évidemment que des commerces seront bondés en particulier à l'approche de fête mais lesquels ? Essentiellement les grandes surfaces situées en périphérie, les commerces de centre ville ont eux peu de chance de voir affluer une nouvelle clientèle. On est en droit alors de s'interroger sur l'efficacité purement économique d'une telle mesure. Les chalands qui vont aller remplir leurs caddys en grandes surfaces ne vont pas augmenter leur budget. Ils vont juste déplacer le temps des achats, trouver ainsi un nouveau lieu de promenade pour la sortie dominicale. La ville de Marseille qui depuis septembre pratique l'ouverture dominicale en tire un bilan on ne peut plus mitigé. Le constat est clair les petits commerces du centre ville n'en profitent absolument pas et pourtant Marseille est une ville touristique. La plupart de ces commerces, qui ont tenté l'expérience en sont d'ailleurs revenus et pratiquent à nouveau la coupure dominicale .
Par contre ce qui va changer, c'est la vie des salariés. Le Ministre nous dira que les heures travaillées le seront sur la base du volontariat. Vaste fumisterie tous les salariés le savent, la pression sera telle que si le magasin est ouvert, il sera particulièrement mal venu de refuser de venir travailler. Ces heures mieux payées mettront sans doute du "beurre dans les épinards". Mais à quel prix en ce qui concerne les équilibres sociaux et familiaux!
C'est donc une véritable entaille au droit des salariés que va proposer Emmanuel Macron. J'espère que pas une voix des écologistes n'ira soutenir ce projet. Quant au Parti socialiste, son glissement libéral se fait de plus en plus sentir et il devient difficile de comprendre comment des personnalités aussi tranchées que Macron et Aubry , portant des valeurs à ce point différentes peuvent encore continuer à se revendiquer du même Parti.
Si le Président de la République et son Premier Ministre espéraient se refaire une santé sur cette proposition de loi, il y a fort à penser qu'ils se trompent. Le clivage à gauche va encore se creuser et les « frondeurs » vont voir agrandir leurs rangs. Quant à la droite, elle saura de toutes manières trouver les arguments pour ne pas voter une loi qui pourtant a tout lieu de leur plaire.
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