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14/12/2014

Une vision étriquée de la culture

              TTT1.jpgAprès la séance du conseil municipal de vendredi 12 décembre,  ou le Maire Ludovic Jolivet et son adjoint à la culture Alain Le Roux s'en sont pris explicitement à l'existence même du centre d'art contemporain de Quimper  créé dans les années 90 à l'initiative du Maire RPR de l'époque Marc Bécam, le premier magistrat de la ville somme l'association Tres Tot Théatre de se mettre au diapason de ses désidératas en matière de propositions culturelles.  Lors de son discours d'inauguration du festival,  il a dit ne pas avoir aimé le spectacle « la maison » ce qui est son doit le plus élémentaire même si la manière de le dire aurait supporté un minimum d'élégance. Il va ensuite  plus loin,  mettant clairement en garde l'association «  MOI  qui suis le maire de cette ville.... JE VEUX  que l'on ait un spectacle populaire accessible compréhensible par tous.. ».

http://vimeo.com/114442871

                Ce n'est pas l'intention exprimée qui  est  condamnable en elle même. Tout le monde peut d'ailleurs s'y retrouver, imaginez ne serait qu'un instant la proposition inverse «  je veux un spectacle élitiste, fermé et incompréhensible de tous... ». L'intention est donc acceptable mais pas la façon par laquelle elle est amenée «  je n'ai pas aimé ce spectacle... » .  Le Maire se pose donc en juge de ce qui est bon et de ce qui ne l'est pas. Comme il se plait à répéter que c'est celui qui paie qui décide, il n'y a qu'un pas pour qu'il se proclame à l'avenir  programmateur des spectacles en fonction de ce qu'il évalue comme bon ou pas bon. L'histoire nous apprend,  malheureusement  ce qu'il advient alors de l'individu et de la liberté lorsque le pouvoir impose ses choix en matière de culture.

                  Le Maire nous a clairement fait savoir, et il le prouve encore aujourd'hui,  que la culture, ce n'était pas sa priorité. Projet de  subventions à la baisse dans ce domaine, discours ambigu sur des associations   moins reconnues    qui coûteraient bien moins chères et qui feraient parfaitement le travail selon lui. Il est parti en guerre contre la culture  et il l'annonce clairement... les associations sociaux culturel vont devoir numéroter leurs abattis,  lisait  on dans le télégramme.  Il devra pourtant faire attention,  lui qui n'a à la bouche que le mot « économie ». Il est prouvé que les territoires qui s'en sortent le mieux sont justement ceux ou le rayonnement culturel permet d'attirer des entreprises,  qui cherchent pour leurs dirigeants et salariés un cadre de vie ou la culture joue un rôle essentiel. Opposer comme il le fait la culture à l'économie ou dans un autre domaine l'environnement à l'économie, dénote une vision étriquée des dynamiques de développement.

                  La ville de Nantes qui figure incontestablement dans les villes reconnues comme exemplaire en terme de rayonnement a fait inscrire sur des murs de l'espace publique cette phrase d'Abraham Lincoln... « Si vous trouvez que la culture coûte cher, essayez l’ignorance ».