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23/08/2016

le temps et l'éducation pour venir à bout de l'obscurantisme.

           En cette fin d’été le débat qui  semble passionner le monde politique… faut-il ou ne faut-il pas prendre des arrêtés contre le port du burkini ?   De mon point de vue, ces arrêtés sont de bien belles bêtises. Et en l’occurrence le premier Ministre aurait été bien inspiré de tenir sa langue plutôt que d’approuver les Maires ayant pris ces fameux  arrêtés. D’une part,  je ne vois pas où ces arrêtés  puisent leur légalité. En effet, quel Maire  oserait prendre un arrêté contre le port de la soutane ou contre le voile d’une religieuse. Il s’agit donc bien là d’une discrimination à caractère religieux.  D’autre part, les arrêtés sont une formidable publicité pour celles qui portent ces tenues et qui  deviennent ainsi,   les porte-drapeaux d’un conservatisme réactionnaire.

              Et c’est bien là qu’est le problème. Depuis une quarantaine d’années les femmes en conquérant la maitrise de leur fécondité ont dans le même temps gagné petit à petit  la liberté de leur corps. C’est par opposition à cette libéralisation conquise de haute lutte par les femmes que  le burkini signe une véritable régression. Il signifie, par provocation mais aussi de manière insidieuse  un assujettissement au fait religieux.  Non ce n’est pas neutre,  ces femmes qui par conviction ou par obligation se voilent le visage, se cache le corps.  

             Une fois ceci énoncé, et refusant les arrêtés,  que peut-on mettre en œuvre  avec une chance de réussite,  pour lutter contre cette régression sociétale issue d’une pratique religieuse rigoureuse et discutable. La preuve est faite depuis la loi contre le voile islamique que la batterie d’interdiction n’est d’aucune efficacité, voire elle  renforcerait le fait contre lequel elle est  censée lutter. Alors au risque de choquer, j’ai envie de dire qu’il faut ou qu’il suffit peut être  de laisser au temps le soin de faire son travail. Pourvu que l’on donne à l’éducation les moyens d’éveiller toutes les femmes et tous les hommes à la connaissance qui conduit à briser les chaines de l’obscurantisme et à libérer les consciences des emprises sectaires.  

            Il n’y a pas si longtemps,  une soixantaine d’années, une femme d’ici qui avait mis au monde un enfant, devait, si elle était pratiquante demander pardon au curé du village avant de pouvoir entrer dans son église. Le temps aidé par l’éducation  a aboli ces pratiques dégradantes  qui étaient présentes dans  la religion catholique. Il en fera de même en ce qui concerne la religion musulmane… c’est du moins ce qu’il nous reste à espérer.