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02/12/2016

La primaire, un leurre de démocratie.

          Pour nombre de commentateurs, les primaires instaurées en 2011 par le PS et qui ont fait  apparaître F Hollande,  puis reprises en 2016 par le Parti Républicain,  pour faire apparaître F Fillon seraient de véritables avancées démocratiques. Et ceci sous prétexte que la parole serait ainsi donnée aux citoyens afin de désigner leur représentant. En fait de démocratie, reconnaissons simplement que les partis politiques sont à ce point désorganisés qu’ils n’ont plus la force de faire apparaître clairement un candidat, la primaire leur permet simplement de ne pas avoir à se déchirer. Il semble évident que si le seul Parti Républicain  avait désigné son candidat, F Fillon serait resté aux oubliettes et le combat aurait été fratricide entre Juppé et Sarkozy.  Un troisième larron, en l'occurence F Fillon  est don venu  s’inviter et du coup, il  rafle la mise. Avouons que c'est un joli hold up.   Est-ce pour autant un choix démocratique ? On peut en douter  et un  petite musique se fait de plus en  plus entendre ces temps-ci, que nombre d’électeurs de droite ou du centre ne se sentent pas représentés par Mr F Fillon. Il est difficile d'ailleurs de penser que la majorité de la droite française se reconnaisse dans les positions très conservatrices de F Fillon. Les électeurs se sont donc présentés aux urnes avec  une idée principale... virer Sarkozy. Pour le même prix, et de ce point de vue la logique est un peu compliquée, ils ont chassé celui qui était censé le remplacer,  à savoir A Juppé. En fait on a un l'impression d'assister à un jeu de "casse gueule". Vous vous souvenez,  ce jeu qui avait cours dans  les fêtes foraines ou avec une balle de chiffon ou pouvait se défouler sur des personnages connus. De là à placer le " casse gueule" comme exemple d'avancée démocratique, il y a un pas difficile à réaliser.        

            Donc en parlant de « démocratie représentative » une bonne partie du sens démocratie, en grec «souveraineté du peuple »  s’est déjà  perdue en route. La représentativité impliquerait un retour permanent de celui qui représente vers celui qui est représenté. Il est clair qu’au niveau national,  c’est bien loin d’être le cas. Une fois élu, le candidat  gère son mandat en fonction des vents portants et ne se sent que peu redevable devant ses électeurs, sauf peut être en fin de mandat. Il ne les rencontre d’ailleurs que très peu,  contrairement à l’élu municipal qui chaque jour se trouve face aux  électeurs pour convaincre, défendre et expliquer les projets.  On devrait donc plutôt parler de « démocratie délégative ». Démocratie, parce que c'est quand même bien le peuple qui s'exprime même si c'est pour donner délégation.   

             La primaire ne change rien au système. Elle met juste un étage de plus.  Ce qui fait que sur un mandat relativement court pour la présidentielle, les candidats potentiels sont en campagne permanente.  La solution serait de modifier la distribution des pouvoirs. Confier au Président de la République, personnalité élue pour sept ans non renouvelable, un rôle  tout à fait honorifique. Il représente la nation et se porte garant de son unité. Il reviendrait alors au Premier Ministre désigné par la majorité parlementaire élue pour cinq ans de conduire la pays. La perte de confiance du parlement entraînerait automatiquement la démission de celui ci et de son gouvernement. 

28/11/2016

La droite fronce les sourcils

                 66% contre 34%... Comme il est coutume de le dire, y a pas photo. Les jeux étaient sans doute  joués depuis dimanche dernier mais le propre des candidats c’est bien d’y croire jusqu’au bout. Et A Juppé y a cru. Alors il s’est donné à fond, faisant ainsi le travail que n’aura plus besoin de faire le candidat de gauche, à savoir démolir le projet Fillon. Incontestablement cette large victoire de Fillon traduit un raidissement de la droite.  F Fillon ne s’est jamais caché et en cela il n’aura trompé personne, son projet c’est le retour aux valeurs conservatrices et patronales de la droite.  Le temps de travail, les retraites, la sécu… vous allez voir ce que vous allez voir semble-t-il nous dire les sourcils froncés. Idem du coté sociétale, c'est Brigitte Barjot qui reprend du service.

                 En fait c’est F Hollande qui se frotte les mains. Enfin un vrai candidat de droite qui va provoquer un véritable choc frontal susceptible de faire passer son programme (celui de Hollande) comme un programme de gauche. Celle qui fait grise mine, c’est M Le Pen. Et cela se comprend car voici un candidat qui reprend une bonne partie de son propre programme, la respectabilité en prime. La présence du FN au second   ne parait plus comme une évidence. Moment difficile également pour E Vals car après ses bégaiements dominicaux, le voici au pied du mur. Y aller coûte que coûte… cela me semble suicidaire si F Hollande décide vraiment, et c’est ce qui semble probable, d’y aller. Du coup le gagnant de cette primaire, c’est peut être Macron. Un peu en douce,  il passe à côté de la primaire de la gauche et garde ses chances d’affronter Fillon au second tour. Et si c’est le cas, il peut l’emporter car même si la droite chante le succès de cette primaire, elle n’aura rassemblé que 4 millions d’électeurs et pas tous de droite alors  que la, présidentielle de 2012 en avait fait se déplacer plus de 16 millions.

                     Bien  entendu, tout ceci n’est que de la fiction  politique  et l’électeur est à ce point taquin ces temps-ci,  qu’il se fait un malin plaisir à faire mentir toutes les prévisions.