Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/09/2017

"Petit paysan"... bien plus fort qu'une manifestation.

« Petit paysan » est un film intéressant à plus d’un titre. Il retrace la vie d’un jeune paysan, Pierre, qui y croit. Il est performant et il en est fier jusqu’au jour où il découvre l’une de ses bêtes atteinte de l’ESB. C’est l’angoisse pour lui car il connait la procédure, son troupeau sera abattu. Alors il plonge dans la dissimulation pour tenter d’échapper au pire et le spectateur le suit.

Le propos est sans doute en partie romancé mais le fond me semble très juste. Il ne s’agit pas d’un film militant, juste un regard posé sur ce monde paysan trop souvent fermé, pas reconnu et qui se meurt de ne pas être compris. A côté de Pierre et de sa petite ferme de  quelques dizaines de laitière qui passent sous son regard attendri à la salle de traite, il y a son ami d’enfance qui a fait lui le choix de l’élevage moderne et de la traite par robot. Pour Pierre chaque vache porte un nom pour son voisin la laitière à son numéro et l'ordinateur lui indique sa situation. Pierre est un petit paysan … son voisin est un producteur de lait.

Le sujet n’est pas d’opposer les deux modes de production mais bien de pénétrer l’intimité du petit paysan et de nous faire partager ses angoisses. « Si on abat mon troupeau… mais je ne sais rien faire d’autre… » dira t il a sa sœur vétérinaire. Le troupeau sera abattu. L’administration en blouse blanche sera intraitable, c’est la procédure et on n’y déroge pas. Le spectateur est tenté, bien évidemment, de prendre parti, il a envie que Pierre puisse garder ses vaches. Mais sorti de la salle, le spectateur devient consommateur et l’idée même que le lait puisse être infecté ou que la maladie de la vache folle puisse se transmettre à l’homme l’amène à réclamer l’abattage. Le non-respect de la procédure serait à ses yeux, insupportable.

Il a raison, bien entendu. C’est donc cette dichotomie qui rend le film intéressant. D’un côté l’affectif pour le drame que subit ce jeune paysan et de l’autre l’exigence d’une traçabilité sans faille qui conduit à l’abattage du troupeau.Un film à voir assurément. Un film de nature à rapprocher les urbains de plus en plus nombreux et les paysans qui s’éteignent tout doucement. Des paysans qui tentent de nous faire entendre leur désespoir, trop souvent à coup de manifestations violentes qui malheureusement séparent encore un peu plus ces deux mondes qui pourtant ne peuvent vivre l’un sans l’autre.

Commentaires

L’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) :
"Cette épidémie trouve son origine dans l'utilisation pour l'alimentation des bovins de farines animales, obtenues à partir de parties non consommées des carcasses bovines et de cadavres d'animaux."

C'est du cinéma car le "petit paysan" a fait comme tous les producteurs de lait, il a nourri ses laitières avec des farines animales

Écrit par : René | 13/09/2017

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire