03/11/2013
[vidéo] Carhaix
22:25 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (7)
02/11/2013
Je serai a Carhaix....
Je serai à Carhaix ce samedi pour partager avec les salariés de l’agro alimentaire breton leur crainte, leur angoisse et pour mettre les vrais responsables en face de leurs responsabilités. Les milliers d’emplois supprimés dans notre région, signifient pour tous ces salariés sacrifiés le début d’une période d’incertitude, la peur du chômage qui dure.
Non je ne serai pas à Quimper aux cotés des dirigeants ultra libéraux, qui hier n’avaient que le mot « économie de marché » au bout des lèvres, et qui aujourd’hui responsables de cette situation de désespoir en appellent à l’Etat pour sauver l’outil qu’ils ont eux même cassé. Nous ne vivons pas une crise passagère qui avec un petit coup de pouce des institutions, trouverait elle-même ses solutions. Nous sommes en face de la mutation indispensable d’un modèle qui ne tourne plus parce qu’il est confronté à une concurrence internationale et un dumping social impitoyable. Les poulets produits et congelés en Bretagne à 1,6 euros le kg étaient essentiellement consommés au Proche-Orient. Les Brésiliens font le même produit, bas de gamme pour 1,3 euros et il y aura demain d’autres pays ou l’on fera travailler les esclaves enfants, adultes pour un poulet à moins de 1 euro le kg.
Ces dirigeants, épaulés par un syndicalisme agricole majoritairement dévoué au productivisme trompent leurs salariés. Ils utilisent l’éco taxe comme une diversion, les pneus enflammés et les lacrymos en écran de fumée. Comme si leurs usines avaient attendu cette taxe pour fermer.
Le modèle de production de masse à bas prix a vécu il faut en inventer un autre. Les Bretons ont de la ressource. Ils savent faire de la qualité et produire de la valeur ajoutée. Ce qu’il leur faut ce sont des responsables lucides et clairvoyants. Ce qu’il leur faut c’est un gouvernement responsable qui s’investit pour un nouveau modèle agricole respectueux des produits, de l’environnement, des hommes et des femmes qui le font vivre et qui cesse de plier devant les lobbys qui n’ont de priorités que leurs intérêts financiers.
La Bretagne a certes besoin de tous ses bras, de toutes ses énergies pour se sortir de la situation économique tendue qu’elle connait aujourd’hui. Elle a aussi besoin de considération, besoin qu’on lui fasse confiance. Elle ne trouvera pas ses réponses dans un repli identitaire mais bien dans l’ouverture au monde qu’elle a su pratiquer tout au long de son histoire. L’Europe est une chance pour la Bretagne. Quimper, Rennes, Paris, Bruxelles sont des capitales qui chacune à son niveau doit permettre et favoriser l’initiative.
Je serai à Carhaix samedi mais pas un arbre, pas un banc public de la ville ne se souviendra douloureusement de mon passage.
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