26/11/2006
Ségolène pour changer la gauche?
Si J’avais été au Parti Socialiste, je crois que j’aurais eu du mal à voter pour Ségolène. Parce que, quand même concernant le socle, les fondamentaux, en fait la culture de gauche, il me semble que Ségolène ait manqué des cours.
Mais je ne suis pas au PS. Je ne suis donc que spectateur, (d'un super spectacle d'ailleurs car réussir à faire croire aux français pendant 2 mois que l'élection présidentielle était lancée alors qu'il ne s'agissait que d'une désignation interne ...bravo). Du coup je suis sans état d'âme, mon choix étant Vert au premier tour. Je regarde la candidate socialiste dans le cadre du second tour (je n'imagine pas qu' un ou qu' une autre candidate que la socialiste soit à même d'être présent au second tour) et je pense que c’est heureux pour la gauche, que tous ces nouveaux adhérents, (sans doute adhérents pour une année) peu au fait des batailles internes du parti aient emporté la décision.
Parce que franchement avec un Fabius (qui a sans doute l’étoffe d’un président de la République…. comme bien d’autres) tout fraîchement repeint en rouge depuis le référendum et un DSK installé dans ses certitudes (pour qui le capitalisme l’ayant définitivement emporté sur le socialisme, il ne s’agit plus aujourd'hui que de faire au moindre mal) on était mal parti!
Je ne dis pas que Ségolène sera un guide( ce n'est pas ce que l'on demande à un Président de la République) mais justement ses faiblesses, ses doutes peuvent (je l'espère) devenir un atout pour changer la société si le peuple de gauche sait se mobiliser lors d'un second tour. A elle, au delà des résultats des autres candidats au premier tour, de reconnaitre la diversité de cette gauche et de libérer les initiatives.
Et puis, c’est peut être bête, mais c’est comme ça, c’est une femme, et c’est un atout immense pour lancer le changement. Sarkosy aurait, sans mal, embarqué l’un ou l’autre des éléphants, sur des sujets techniques avec une flopé de chiffres, discutés pied à pied et qui n’intéressent personne. Quant à Ségolène, tout lui sera pardonné, et plus Sarko lui tapera dessus et plus Ségolène engrangera.
C’est injuste me direz vous ! Evidemment mais qui parle de justice dans une élection ou c’est la mode, l’air du temps et l’apport des médias qui vous fait roi (ou reine, va falloir s’habituer).
19:35 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (4)
23/11/2006
Reconnaitre la biodiversité.
Pour être complet sur la question des aides européennes qui risquent d'avoir comme conséquence la suppression de kilomètres de talus, de bandes enherbées... , il est nécessaire de pointer la co-responsabilité du gouvernement.
En effet la commission européenne, dont l'orientation ultra libérale n'est plus à prouver, proposait de prendre en référence les productions des années 2000,2001,2002 pour le calcul des primes. En gros, les paysans qui faisaient beaucoup de maïs à l'époque, auront le droit à de fortes primes, ceux qui, par soucis de protection de l'environnement s'étaient tournés vers l'herbe seront pénalisés.
Elle laissait malgré tout (magnanime) aux Etats membres le soin d'aménager la distribution des aides destinées à soutenir l'agriculture. 22nov_PAC.2.doc
En fait ce cas montre bien une fois de plus l'effet pervers des primes basées sur la production et leur coté aléatoire. Tant que la société n'aura pas reconnu le rôle utile, pour la biodiversité et pour l'équilibre biologique, des surfaces non cultivables (talus, landes, zones humides...), celles ci seront soumises à rude épreuve et risquent de disparaître progressivement.
Deux sites intéressants à consulter.
http://www.talus-bretagne.org/
http://collectifdpu22.oldiblog.com/
16:55 Publié dans societe | Lien permanent | Commentaires (1)
22/11/2006
Les talus de la biodiversité.
Dans le contexte actuel je ne peux que soutenir ( une fois n'est pas coutûme) la demande des agriculteurs FDSEA de comptabiliser dans les surfaces agricoles cultivables mais non cultivées les talus en pourtour des parcelles. C’est à ce jour la solution la plus efficace économiquement pour préserver ces talus par ailleurs indispensables à l’équilibre biologique et à la gestion des écoulements d’eau.
La politique agricole commune montre ici ses limites et ses contradictions. D'un coté, en ne s’attachant qu’à la production elle déserte tout un pan de l'aménagement du territoire. Un talus ne produit pas directement, il n’existe donc pas. De l'autre elle impose, fort justement, aux pays membres de prendre les mesures pour atteindre le bon état écologique des eaux d'ici 2015.
Si une politique agricole commune se doit de fixer des principes, elle doit également tenir compte des spécificités des territoires. Il est évident que les conditions agricoles sont très différentes suivant que l’on se situe dans une région de plaine céréalière ou dans le bocage breton ou normand. C’est à force de nier ces évidence au nom de l’idéologie de la libre concurrence et donc de la suppression des dispositions particulières, considérée comme des entraves à cette idéologie, que l’Europe apparaît comme une machine à broyer les hommes et à uniformiser les cultures et modes de vie.
L’Europe n’est malgré tout pas la seule responsable de cette perte de diversité. Depuis les années 1960 sous l’impulsion des techniciens de la DDA DDE c’est plus des deux tiers du linéaire qui ont ainsi été supprimé en Bretagne. Une partie était sans doute justifiée afin de moderniser l’outil des exploitations, mais là aussi l’abus est rapidement devenu la règle. La prime de rémunération des ingénieurs au km de talus abattu dans les opérations de remembrement a pesé lourdement sur l’image du bocage breton.
La logique voudrait maintenant que les talus comme les landes ou les zones humides qui ne sont pas producteurs au sens économique mais indispensable à l’équilibre écologique soient reconnus en tant qu’éléments du patrimoine rural commun et bénéficient à ce titre d’une protection administrative ainsi que des moyens financiers pour en assurer la gestion. Que cette reconnaissance soit faite au niveau de l’Europe ou des Etats ne change pas grand-chose, ce qui est essentiel c’est qu’elle soit efficace.
08:45 Publié dans societe | Lien permanent | Commentaires (2)
