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28/06/2018

Le projet communautaire:Une occasion de manquée

Le conseil communautaire de QBO( Quimper Bretagne Occidentale)  a adopté aux forceps mardi dernier, son projet communautaire. A la lecture du document, il n’y avait pourtant pas lieu d’en faire une histoire. Rien ou du moins pas grand-chose de neuf. Une succession de rappels des actions déjà engagées quelques banalités sur l’aéroport et sur la liaison ferroviaire avec Paris. Je dis banalités parce qu’elles sont  devenues banalités  au fil du temps, tellement elles ont été répétées. La réaffirmation pour la nième fois de la place  de l’agroalimentaire dans notre économie et petite nouveauté quand même, un paragraphe qui ne mange pas de pain mais qui existe, sur la place du vélo. Bref rien de motivant ou de dynamique alors pourquoi cette fronde des Maires. Simplement, parce que dans ce projet qui a vocation à tracer des lignes, il y avait une partie programme : la mise sous compétence communautaire de la petite enfance et des EHPAD et avec une date.  Il n’en fallait pas plus pour soulever l’indignation de certains Maires  qui voyaient disparaitre brutalement une partie, et non des moindres,  de leurs prérogatives.

Il aurait été si simple pour obtenir le consensus de se limiter au projet en évoquant l’évolution de ces compétences et comme pour le reste de ne pas donner de dates. Le conseil communautaire sera de toutes manières au moment venu,  saisi de cette question. Mais non, le Président s’est buté... et le consensus a volé en éclat.

Au-delà de cette péripétie, faut le dire sans importance, ce qui apparait quand même c’est l’absence de réflexion de fond. Prenons cette question de la petite enfance. En fait il s’agit surtout de l’accueil en crèche.  Tout le monde est bien conscient qu’il s’agira demain  d’un domaine communautaire. La vraie question aurait dû être : Quelle politique en faveur de la petite enfance  et quel type d’accueil  veut-on mettre en place. Et là effectivement il y avait lieu à échanges. Idem pour l’accueil des personnes âgées. Veut-on favoriser le maintien à domicile, développer les résidences services, quelle politique et  combien de place  pour les EHPAD. Et bien entendu quel budget pour ces politiques.

C’est sur  cet aspect projet politique  que les citoyens attendent maintenant de  participer aux  échanges.

27/06/2018

Macron à quimper .

abeillesOF.jpgEmmanuel Macron est venu saluer les élus bretons à Quimper jeudi 21 juin.  C’était son choix de privilégier les élus, il fallait donc montrer patte blanche pour accéder au chapiteau où il nous a distillé  sa bonne parole. D’où le petit stratagème utilisé pour pouvoir lui glisser un message à propos de la disparition de nos abeilles. Sur la forme, un tee-shirt jaune pétant comme une fleur au beau milieu de cette assemblée de costards sombres chemises claires  et  cravates de rigueur.  Ça ne passait pas inaperçu. Le petit pot de miel offert avait bien entendu une valeur toute symbolique. J’imagine que la peur d’un empoissonnement a fait que le Président n’en aura vu, au mieux que l’étiquette.  Qu’importe,  symbole pour symbole, il me semble avoir bien utilisé mon statut d’élu pour faire passer et au Président, à l’assemblée  et à la presse, un message concernant la biodiversité.

Côté discours du Président, au-delà des sujets classiques qui viennent et reviennent. Dont il doit savoir doser les mots pour plaire au plus grand nombre sans engager l’Etat dans des dépenses qu’il ne souhaiterait pas honorer. Au-delà de ces sujets, il y a eu quand même deux axes forts sur lesquels le Président parle avec passion et autorité.

Le premier concerne l’articulation des pouvoirs sur l’ensemble du territoire. Il me semble comprendre que pour Mr Macron la gouvernance comporte trois étages ou trois étages et demi. L’Etat qui a la place forte et qui de ce fait doit être fort. En ce sens le Président a été très jacobin. Les régions sur lesquelles l’Etat va s’appuyer. Les métropoles le nouvel outil de la loi « Notre » qui visiblement a toutes ses faveurs. Et les intercommunalités qui ne sont toujours pas des collectivités territoriales mais des outils techniques et  qui pourraient le devenir assez rapidement. Les Maires ainsi que les élus départementaux doivent commencer à regarder les écharpes avec un brin de nostalgie.

Alors on peut être d’accord ou pas avec cette vision mais avouons qu’elle a du sens. Elle réduit les étages de décisions et économise normalement de la structure. A condition qu’en ouvrant une porte on ait le courage d’en fermer une autre. Elle peut aussi avoir l’inconvénient de couper ou du moins d’éloigner  l’élu du citoyen.  L’élection des élus communautaire au suffrage universel direct peut être une solution mais là encore à condition de ne pas conserver l’élection des conseillers municipaux.

Le deuxième axe concerne l’Europe. Et là, Macon n’a pas besoin de lire son texte tant il est habité par cette vision. Il a sans doute raison, l’Europe devient un espace dans lequel nos jeunes ne souhaitent pas rencontrer de frontières à leurs échanges. Il devra cependant être prudent et éviter comme le disait  le Général De Gaule de prononcer l’Europe l’Europe  tel un cabri à chaque situation délicate qui se présente. L’Europe actuelle est perçue de plus en plus, et à juste titre, comme l’espace de ceux qui réussissent. Ceux qui voyagent, qui rencontrent les interlocuteurs à l’échelle de cette espace s’y retrouvent bien évidemment. Mais ceux qui sont attachés pour de multiples raisons à leur espace de vie, qui n’ont pas l’occasion de voyager  trouvent que cette Europe les ignore voire les méprise. Ils le disent à chaque élection et le mécontentement grandit. Il ne suffira pas à Macron de dire  « l’Europe l’Europe… » Pour conjurer les angoisses. L’Europe économique  s’est réalisée. Elle concerne les dirigeants. L’Europe social est en panne, elle concerne un plus grand nombre.

29/05/2018

Un "pas" de Travert...

glypho.jpg    Le gouvernement et les députés viennent  d’apporter un très mauvais signal aux défenseurs de l’environnement. En refusant de s’engager dans la suppression du glyphosate, malgré les promesses du Président,  il donne en effet l’impression de se coucher devant les prescriptions de l’agrochimie.

       C’est une désillusion terrible car  même si les écologistes, dans leur majorité acceptaient qu’il y ait un temps pour glisser vers de nouveaux modes de cultures, le vote de la loi ne fait aucune référence à un calendrier. L’utilisation de l’herbicide va donc se poursuivre alors que dans le même temps les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de produits sains pour la santé.  Devant le manque de sécurité, que laisse planer cette loi pour l’agriculture en général, il ne restera plus  aux  consommateurs que de reporter  leurs achats vers les produits de l’agriculture biologique qui sera la seule à garantir une production sans herbicide. C’est peut-être le seul effet positif que l’on retiendra de ce vote .

          Par ce vote  irresponsable, et alors  que le monde s’émeut de la perte catastrophique de la biodiversité dans nos campagnes, les abeilles qui symbolisent cette catastrophe continueront   à perdre la tête en s’alimentant sur des cultures traitées aux néonicotinoïdes  ou au glyphosate. La lutte contre l’utilisation des herbicides et des  pesticides n’est  même plus un combat réservé aux  écologistes, il est devenu   tout simplement un combat de tous pour la vie. Nous sommes arrivés à un point de dégradation de la  biodiversité  sans doute  irréversible. Comment une génération, la nôtre, peut-elle accepter ne serait-ce que l’idée que des espèces indispensables à l’équilibre de la nature puissent  disparaître simplement pour des questions économiques à court terme. Depuis l’histoire de l’humanité, c’est certainement la première fois que cette situation se présente et les générations à venir seront en droit de nous juger pour cela.

           Nous avons un ministre de l’écologie qui toute sa vie a montré son attachement au respect de la nature. Son silence étourdissant  dans  ce moment si important ne peut que troubler les défenseurs de l’environnement et de  la vie  en général.